Le MK-677, ou ibutamoren (code de recherche MK-0677), est une molécule expérimentale classée comme sécrétagogue de l’hormone de croissance (GH). Elle agit en mimant l’action de la ghréline pour stimuler la sécrétion naturelle de GH et d’IGF-1 (facteur de croissance 1 insulino-semblable). Bien qu’elle suscite l’intérêt dans certains milieux sportifs pour ses effets présumés sur la masse maigre et la récupération, le MK-677 n’a jamais été approuvé pour un usage humain par les autorités sanitaires et figure sur la liste des substances interdites en compétition sportive (WADA). Les risques associés incluent des troubles métaboliques (résistance à l’insuline, élévation de la glycémie), des œdèmes et d’autres effets secondaires non négligeables.
Alertes majeures à connaître :
- Non approuvé : aucune autorisation de mise sur le marché en Europe ou aux États-Unis pour usage thérapeutique
- Risques métaboliques : perturbation de la glycémie, résistance à l’insuline, augmentation de l’appétit
- Dopage : substance interdite par le Code du sport français et l’Agence mondiale antidopage (WADA)
- Effets secondaires : œdèmes, fatigue, douleurs articulaires, modification de la sensibilité à l’insuline
Qu’est-ce que le MK-677 (Ibutamoren) ?
Le MK-677, également désigné sous le nom d’ibutamoren ou par son code de recherche MK-0677, est une molécule synthétique développée initialement par la société pharmaceutique Merck dans les années 1990. Elle appartient à la classe des sécrétagogues de l’hormone de croissance (Growth Hormone Secretagogues, GHS), c’est-à-dire des substances capables de stimuler la libération de GH par l’hypophyse.
Mécanisme d’action :
Contrairement à l’injection directe de GH exogène, le MK-677 agit en se liant aux récepteurs de la ghréline (GHSR1a), une hormone naturellement produite par l’estomac qui régule l’appétit et stimule la sécrétion de GH. En activant ces récepteurs, l’ibutamoren entraîne une augmentation de la production endogène de GH et, en cascade, de l’IGF-1 produit par le foie.
Différence avec les peptides de GH et les SARM :
- Peptides GH (GHRP-6, GHRP-2, ipamorelin) : administration par injection sous-cutanée, demi-vie courte
- MK-677 : prise orale, demi-vie longue (24 heures environ), effet soutenu
- SARM (modulateurs sélectifs des récepteurs androgéniques) : ciblent les récepteurs aux androgènes, le MK-677 n’est pas un SARM malgré une confusion fréquente
Le MK-677 a été étudié dans des contextes cliniques précis (déficit en GH, sarcopénie, cachexie), mais aucune de ces recherches n’a abouti à une autorisation de commercialisation.
Effets rapportés du MK-677 : ce que disent les études
Les études cliniques sur le MK-677 sont limitées en nombre et en taille d’échantillon. Elles portent principalement sur des populations spécifiques (personnes âgées, patients dénutris) et non sur des adultes en bonne santé ou des athlètes.
Augmentation de la GH et de l’IGF-1
Plusieurs études ont confirmé que le MK-677 augmente les taux sériques de GH et d’IGF-1 de manière dose-dépendante. Une étude menée chez des sujets âgés a montré une élévation significative de l’IGF-1 après plusieurs semaines de traitement. Toutefois, cette augmentation ne s’accompagne pas systématiquement d’effets cliniques mesurables sur la force ou la composition corporelle dans toutes les études.
Composition corporelle et masse maigre
Certaines recherches suggèrent une augmentation modeste de la masse maigre (masse musculaire + eau corporelle) chez les participants traités au MK-677, mais ces effets sont souvent accompagnés d’une rétention hydrique (d’où les œdèmes) qui peut fausser l’interprétation. L’augmentation réelle de masse musculaire contractile reste débattue. Une étude menée sur des personnes âgées en déficit de GH a observé une légère amélioration de la masse maigre, mais sans gain significatif de force fonctionnelle.
Appétit et prise de poids
L’activation des récepteurs à la ghréline entraîne une augmentation marquée de l’appétit, un effet rapporté de manière constante dans les études cliniques et les témoignages d’utilisateurs. Cette stimulation de la faim peut conduire à une prise de poids, majoritairement sous forme de masse grasse si l’apport calorique n’est pas contrôlé.
Récupération et sommeil
Certains utilisateurs rapportent une amélioration subjective de la qualité du sommeil et une sensation de récupération accrue. Les mécanismes exacts ne sont pas entièrement élucidés, mais pourraient être liés à l’élévation de la GH, qui joue un rôle dans le sommeil profond. Aucune étude robuste n’a cependant validé ces effets de manière objective.
Limites des données disponibles :
- Études de courte durée (généralement 8 à 12 semaines), peu d’essais au-delà de 6 mois
- Échantillons de petite taille, souvent sur des populations spécifiques (âgées, malades)
- Absence d’études contrôlées randomisées chez les athlètes ou adultes en bonne santé
- Aucune validation des effets « performance » ou « prise de muscle sec » dans un contexte sportif
Effets secondaires et risques sanitaires du MK-677
Le MK-677 n’est pas une substance anodine. Les études cliniques et les témoignages d’utilisateurs font état de plusieurs effets secondaires, certains bénins, d’autres potentiellement graves.
Œdèmes et rétention d’eau
L’un des effets les plus fréquents est l’apparition d’œdèmes (gonflement des mains, des pieds, du visage) liés à la rétention hydrique. Ce phénomène est lié à l’augmentation de la GH, qui favorise la réabsorption de sodium et d’eau par les reins. Les œdèmes peuvent être inconfortables et, dans certains cas, masquer une prise de masse grasse.
Glycémie et résistance à l’insuline
Plusieurs études ont mis en évidence une élévation de la glycémie à jeun et une diminution de la sensibilité à l’insuline chez les utilisateurs de MK-677. Ce phénomène est dû à l’augmentation chronique de la GH, qui a des effets antagonistes de l’insuline (effet hyperglycémiant). Les personnes prédiabétiques, diabétiques ou présentant un syndrome métabolique sont particulièrement à risque.
Une étude menée sur des personnes âgées obèses a noté une augmentation significative de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et de la glycémie à jeun après 2 mois de traitement. Ces perturbations métaboliques peuvent, à long terme, favoriser le développement d’un diabète de type 2.
Fatigue et léthargie
Certains utilisateurs rapportent une fatigue accrue, surtout en début de prise ou lors d’une utilisation prolongée. Cet effet pourrait être lié à la perturbation des cycles hormonaux ou à la désensibilisation progressive des récepteurs à la ghréline.
Douleurs articulaires et syndrome du canal carpien
L’excès de GH peut provoquer des douleurs articulaires, une raideur et, dans certains cas, un syndrome du canal carpien (compression du nerf médian au niveau du poignet). Ces effets sont bien documentés dans le cadre d’un traitement par GH exogène et peuvent également survenir avec le MK-677.
Augmentation de la prolactine
Quelques études ont observé une légère élévation de la prolactine chez les utilisateurs de MK-677. Une hyperprolactinémie peut entraîner des troubles de la libido, une gynécomastie (développement du tissu mammaire chez l’homme), des troubles menstruels chez la femme.
Risques cardiovasculaires potentiels
Les données sur les effets cardiovasculaires à long terme sont insuffisantes. L’augmentation chronique de l’IGF-1 pourrait théoriquement favoriser la prolifération cellulaire (risque oncogène débattu) et modifier le profil lipidique. Certains utilisateurs rapportent une augmentation de la pression artérielle, bien que cet effet ne soit pas systématiquement observé dans les études.
Autres effets rapportés :
- Augmentation de l’appétit (effet constant, peut être problématique si non contrôlé)
- Engourdissements ou picotements (liés aux œdèmes ou à la compression nerveuse)
- Maux de tête
- Troubles digestifs légers
Contre-indications et populations à risque
Le MK-677 ne devrait jamais être utilisé par certaines populations en raison des risques disproportionnés :
Personnes diabétiques ou prédiabétiques
L’effet hyperglycémiant du MK-677 et son impact sur la résistance à l’insuline en font une substance dangereuse pour toute personne présentant un trouble de la régulation glycémique. Le risque de décompensation métabolique est réel.
Personnes atteintes de cancer ou ayant des antécédents
L’augmentation de l’IGF-1 pourrait théoriquement stimuler la croissance de cellules tumorales. Bien qu’aucune étude n’ait formellement établi ce lien dans le cadre du MK-677, le principe de précaution impose d’éviter cette substance en cas d’antécédent de cancer ou de terrain à risque.
Insuffisance cardiaque ou rénale
La rétention hydrique induite par le MK-677 peut aggraver une insuffisance cardiaque congestive ou une insuffisance rénale. Les œdèmes peuvent également être dangereux chez les personnes ayant des troubles circulatoires.
Femmes enceintes ou allaitantes
Aucune donnée n’existe sur l’innocuité du MK-677 pendant la grossesse ou l’allaitement. Son usage est formellement déconseillé dans ces situations.
Adolescents et jeunes adultes en croissance
L’impact sur la croissance osseuse et le développement hormonal chez les personnes dont les cartilages de croissance ne sont pas encore fermés est inconnu. L’usage du MK-677 avant l’âge adulte est donc à proscrire.
Statut légal et dopage : MK-677 et législation française
Le MK-677 n’a jamais obtenu d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France, en Europe ou aux États-Unis. Il n’est donc pas approuvé pour un usage médical, et sa commercialisation comme médicament ou complément alimentaire est illégale.
En France :
Le MK-677 est inscrit sur la liste des substances interdites par le Code du sport français (article L232-9 et suivants). Sa détention, son usage, son administration à des fins de performance sportive ou sa distribution sont passibles de sanctions pénales (jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour trafic).
Liste WADA (Agence mondiale antidopage) :
Le MK-677 figure sur la liste des substances interdites en permanence (en et hors compétition) dans la catégorie S2 « Hormones et substances apparentées » (sécrétagogues de l’hormone de croissance). Un athlète contrôlé positif au MK-677 s’expose à une suspension de 2 à 4 ans selon les circonstances, voire une radiation à vie en cas de récidive.
Commercialisation comme « produit de recherche » :
Certains sites en ligne commercialisent le MK-677 sous l’étiquette « research chemical » (produit de recherche, non destiné à la consommation humaine). Cette appellation ne change rien au statut légal : l’achat, la détention et l’usage restent interdits dans le cadre sportif et peuvent être dangereux pour la santé. La qualité et la pureté de ces produits ne sont par ailleurs jamais garanties (risque de contamination, sous-dosage ou surdosage).
MK-677 et marketing : décryptage des allégations
Sur les forums de musculation, les réseaux sociaux ou certains sites de vente, le MK-677 est souvent présenté comme une alternative « sûre » et « naturelle » à l’hormone de croissance injectable, avec des promesses de prise de muscle rapide, de fonte de graisse, de récupération accélérée et de rajeunissement.
Ce que disent les vendeurs (allégations non vérifiées) :
- « Augmente la masse musculaire sans effets secondaires »
- « Brûle les graisses tout en préservant le muscle »
- « Améliore la qualité du sommeil et la récupération »
- « Alternative légale et sûre à la GH »
- « Pas besoin d’injection, prise orale facile »
Ce que dit la science :
- Aucune autorisation : le MK-677 n’a jamais passé les essais cliniques de phase 3 nécessaires à une AMM, ce qui signifie que son efficacité et sa sécurité à long terme ne sont pas établies
- Effets modestes : les études montrent des augmentations de masse maigre souvent dues à de la rétention d’eau (œdèmes), sans gain musculaire pur significatif ni amélioration de la force dans la majorité des cas
- Effets secondaires avérés : perturbations métaboliques (glycémie, insuline), œdèmes, fatigue, douleurs articulaires
- Pas de « sécurité garantie » : l’absence de recul à long terme rend impossible toute affirmation sur l’innocuité du produit
Marketing vs réalité :
Le discours commercial autour du MK-677 repose sur des extrapolations abusives d’études préliminaires et sur des témoignages anecdotiques. Les risques sont systématiquement minimisés ou passés sous silence. L’absence de régulation du marché des « research chemicals » expose les acheteurs à des produits de qualité douteuse, voire contrefaits.
Alternatives légales et sûres pour la performance et la santé
Pour les personnes cherchant à améliorer leur composition corporelle, leur récupération ou leur performance, des solutions validées et sans risque légal existent :
Optimisation nutritionnelle et entraînement
- Apport protéique adéquat (1,6 à 2,2 g/kg de poids corporel)
- Équilibre énergétique adapté aux objectifs (prise de masse ou sèche)
- Programme d’entraînement progressif et structuré (résistance + cardio)
Suppléments validés par la science
- Créatine monohydrate (amélioration de la force et de la masse musculaire)
- Protéines en poudre (whey, caséine, protéines végétales)
- Oméga-3 (santé cardiovasculaire et récupération)
- Vitamine D (si carence avérée)
Suivi médical et bilan hormonal
En cas de suspicion de déficit hormonal (fatigue chronique, perte de masse musculaire, baisse de libido), un bilan médical peut identifier un déficit en GH, en testostérone ou en hormones thyroïdiennes. Un traitement médical adapté, prescrit et surveillé par un endocrinologue, est alors possible en toute sécurité.
Récupération et sommeil
L’optimisation du sommeil (7 à 9 heures par nuit), la gestion du stress (méditation, cohérence cardiaque) et les techniques de récupération (massages, cryothérapie, bains chauds/froids) améliorent naturellement la sécrétion de GH nocturne et la récupération.
MK-677 : ce qu’il faut retenir pour une décision éclairée
Le MK-677 (ibutamoren, MK-0677) est une molécule expérimentale qui stimule la sécrétion de GH et d’IGF-1 en agissant sur les récepteurs de la ghréline. Malgré un intérêt scientifique initial pour le traitement de déficits hormonaux ou de la sarcopénie, cette substance n’a jamais été approuvée pour un usage humain par les autorités sanitaires.
Points clés :
- Non approuvé : aucune AMM en Europe ou aux États-Unis, commercialisation illégale comme médicament ou complément
- Effets secondaires significatifs : perturbations métaboliques (glycémie, résistance à l’insuline), œdèmes, fatigue, douleurs articulaires, augmentation de l’appétit
- Risques spécifiques : contre-indiqué chez les diabétiques, personnes ayant des antécédents de cancer, insuffisants cardiaques ou rénaux
- Dopage : substance interdite par la WADA et le Code du sport français, sanctions pénales et sportives en cas d’usage ou de détention
- Marketing trompeur : les allégations commerciales ne reposent pas sur des preuves scientifiques solides, et la qualité des produits vendus en ligne est invérifiable
Pour toute personne cherchant à améliorer sa composition corporelle ou ses performances, les méthodes éprouvées (entraînement, nutrition, récupération, suivi médical) restent les plus sûres et les plus efficaces. En cas de préoccupation concernant un déficit hormonal, un bilan médical auprès d’un endocrinologue permet d’envisager des solutions adaptées et encadrées. L’usage de substances non approuvées comme le MK-677 expose à des risques sanitaires et légaux disproportionnés par rapport aux bénéfices hypothétiques.
