Les Sports les Plus Pratiqués en France : classement et chiffres 2024

Les sports les plus pratiqués en France varient selon la méthodologie : en nombre de licences sportives délivrées par les fédérations agréées, le football domine largement avec environ 2,2 millions de licenciés en 2023, suivi du tennis (950 000) et de l’équitation (700 000). Mais si l’on considère la pratique sportive au sens large (incluant la pratique non encadrée), la marche, la course à pied et le vélo occupent les premières places avec plus de 15 millions de pratiquants réguliers selon le baromètre national du sport 2024.

Ce que vous allez découvrir dans cet article :

  • Le top 10 des sports par nombre de licences fédérales
  • Le classement des activités sportives les plus pratiquées au sens large
  • Les différences entre pratique en club et pratique autonome
  • L’évolution récente des sports collectifs et individuels
  • Les tendances démographiques par type de sport

Méthodologie : licences vs pratique réelle

Deux approches permettent de mesurer la popularité d’un sport en France.

Les licences sportives comptabilisent les adhésions officielles aux fédérations sportives agréées par le ministère des Sports. Ces chiffres, publiés annuellement par l’Injep (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) via la plateforme data.sports.gouv.fr, reflètent la pratique encadrée en club. Ils sous-estiment les sports pratiqués de manière autonome (course à pied, vélo, natation loisir).

Les baromètres de pratique sportive interrogent un échantillon représentatif de Français sur leurs activités physiques réelles, qu’elles soient encadrées ou non. L’Insee et l’Injep réalisent ces enquêtes tous les 2-3 ans. Elles révèlent que 65 % des Français pratiquent au moins une activité physique ou sportive régulièrement, mais seulement 25 % détiennent une licence.

Ces deux mesures sont complémentaires : les licences indiquent la structuration fédérale et la pratique compétitive, tandis que les baromètres révèlent les habitudes sportives globales de la population.

Top 10 des sports par nombre de licences en France (2023)

Selon les données officielles de l’Injep pour la saison 2022-2023, voici le classement des fédérations sportives par nombre de licenciés.

Si vous consultez ce tableau sur mobile, basculez en mode paysage pour une meilleure lisibilité.

RangSportNombre de licences (2023)Évolution 2019-2023Spécificités
1Football2 200 000+5 %Sport collectif dominant, forte présence masculine (80 %)
2Tennis950 000-8 %Baisse post-Covid, pratique individuelle en club
3Équitation700 000+12 %Très féminisé (85 % de femmes), pratique de loisir forte
4Basket-ball680 000+3 %Sport collectif en croissance, mixité progressive
5Judo-jujitsu550 000-2 %Public jeune, éducation et self-défense
6Handball530 000StableSuccès des équipes nationales, pratique scolaire importante
7Golf420 000+18 %Forte croissance, loisir et compétition, profil CSP+
8Natation380 000+8 %Ne compte que la pratique en club, sous-estime la pratique libre
9Rugby370 000+6 %Concentration sud-ouest, culture club forte
10Gymnastique320 000-5 %Public majoritairement féminin et jeune, pratique artistique et loisir

Source : Injep, Recensement des licences et clubs sportifs 2022-2023, data.sports.gouv.fr

Analyse du top 3

Le football conserve sa position écrasante avec plus de 2,2 millions de licenciés, soit environ 20 % de l’ensemble des licences sportives françaises. Cette domination s’explique par la densité du maillage territorial (clubs dans chaque commune ou presque), l’accessibilité financière et la médiatisation. La part féminine progresse lentement mais reste minoritaire.

Le tennis recule de 8 % depuis 2019, pénalisé par le vieillissement de ses pratiquants et la concurrence d’activités outdoor moins contraignantes (padel, pickleball). La fédération française de tennis compte néanmoins 950 000 licenciés, ce qui en fait le deuxième sport en club.

L’équitation surprend en troisième position avec 700 000 licences, en hausse de 12 % depuis 2019. Cette progression découle de la féminisation massive du sport (85 % de femmes), de l’offre de loisir (balades, randonnées) et de la proximité avec l’animal. Contrairement aux sports collectifs, l’équitation n’exige pas de volume de pratiquants pour organiser une activité.

Sports collectifs : basket et handball en forme

Le basket-ball affiche une belle dynamique avec 680 000 licenciés (+3 % depuis 2019). La médiatisation des compétitions internationales, l’émergence de joueuses et joueurs français en NBA, et le développement du 3×3 boostent l’attractivité. Le public se rajeunit et se féminise progressivement.

Le handball reste stable autour de 530 000 licences, porté par les succès répétés des équipes de France masculine et féminine. La pratique scolaire constitue un vivier important, le handball étant un des sports les plus enseignés en EPS.

Le rugby progresse modérément (+6 %) avec 370 000 licences. Malgré une culture club forte et une médiatisation correcte (Tournoi des Six Nations, Top 14), le rugby peine à élargir sa base géographique au-delà de ses bastions traditionnels (Sud-Ouest, Île-de-France).

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Sports individuels en croissance : golf et natation

Le golf explose avec +18 % de licenciés depuis 2019, atteignant 420 000 adhérents. Ce sport longtemps perçu comme élitiste s’ouvre grâce aux formules découverte, à la simplification des règles et à l’essor des practice urbains. Le profil reste néanmoins orienté CSP+ et seniors.

La natation compte 380 000 licences en club (+8 %), mais ce chiffre sous-estime massivement la pratique réelle : des millions de Français nagent en piscine publique ou mer sans licence. La fédération de natation structure principalement la pratique compétitive et l’apprentissage chez les jeunes.

Classement des activités sportives les plus pratiquées au sens large

Quand on interroge les Français sur leurs pratiques sportives réelles, le classement change radicalement. Selon le baromètre national du sport et des activités physiques 2024 (Injep/Insee), voici le top 10 des activités déclarées.

1. Marche sportive et randonnée : 18 millions de pratiquants réguliers (au moins une fois par semaine). Accessible, gratuite, praticable à tout âge, la marche domine largement. La randonnée pédestre en nature connaît un essor post-Covid.

2. Course à pied / jogging : 9 millions de pratiquants réguliers. Pratique individuelle, peu coûteuse, favorisée par les applications de suivi (Strava, Runkeeper) et les événements populaires (courses urbaines, trails).

3. Vélo (loisir et sport) : 8 millions de cyclistes réguliers hors trajets utilitaires. Le vélo route, VTT et gravel progressent, soutenus par le développement des infrastructures cyclables et l’essor du vélo électrique.

4. Natation (loisir) : 7 millions de nageurs réguliers en piscine ou mer. La natation libre domine largement la pratique en club (380 000 licences). Activité complète, douce pour les articulations, appréciée des seniors.

5. Fitness / musculation / gymnastique d’entretien : 6 millions de pratiquants. Ce segment explose avec les salles low-cost, le CrossFit, les cours collectifs (Zumba, RPM) et les applications de coaching (Freeletics, Nike Training Club).

6. Football (loisir et club) : 4,5 millions de pratiquants, dont 2,2 millions licenciés. Le football loisir entre amis (foot à 5, futsal non fédéré) représente environ la moitié des pratiquants.

7. Ski et sports de montagne : 3,5 millions de pratiquants occasionnels (ski alpin, ski de fond, raquettes). Pratique saisonnière, concentrée sur 2-3 mois, fortement liée au niveau socio-économique.

8. Tennis (club et loisir) : 3 millions de pratiquants, dont 950 000 licenciés. Beaucoup de Français jouent occasionnellement sur courts publics sans licence.

9. Sports de combat et arts martiaux : 2 millions de pratiquants (judo, karaté, boxe, MMA, self-défense). Forte composante éducative chez les jeunes, pratique de remise en forme chez les adultes.

10. Danse (tous styles) : 1,8 million de pratiquants réguliers. La danse transcende le sport pur (dimension artistique) mais constitue une activité physique intense, particulièrement chez les femmes et les jeunes.

Source : Baromètre national du sport et des activités physiques, Injep 2024

Pourquoi un tel écart avec le classement des licences ?

Les activités autonomes (marche, course, vélo, natation loisir) dominent la pratique réelle car elles ne nécessitent ni inscription, ni infrastructure spécialisée, ni horaires contraints. L’essor des applications de suivi et des communautés en ligne (Strava, Garmin Connect) crée un sentiment d’appartenance sans structure fédérale.

Les sports nécessitant un encadrement (sports collectifs, sports de combat, équitation) apparaissent principalement sous forme de licences. Leur pratique libre reste marginale (impossible de jouer un match de handball seul, difficile de pratiquer l’équitation sans centre équestre).

Enfin, certaines activités récentes (CrossFit, padel, trail) se développent en marge des fédérations historiques, via des structures privées ou des pratiques informelles. Elles n’apparaissent donc pas dans les statistiques fédérales malgré leur popularité croissante.

Évolution des pratiques sportives en France (2019-2024)

L’effet Covid : rupture et nouveaux usages

La pandémie de 2020-2021 a profondément modifié les habitudes sportives. Les confinements ont tué temporairement les sports collectifs et en salle, tandis que les pratiques outdoor individuelles ont explosé. Marche, course à pied, vélo ont gagné 2 à 3 millions de pratiquants entre 2019 et 2022.

Le déconfinement n’a pas totalement inversé la tendance : beaucoup de nouveaux pratiquants de course ou vélo ont conservé cette habitude, appréciant la liberté d’horaires et l’absence de contrainte sociale. À l’inverse, certains sports en club peinent à retrouver leurs effectifs d’avant-crise (tennis -8 %, gymnastique -5 %).

Féminisation et vieillissement de la pratique

La part des femmes licenciées progresse lentement mais régulièrement, passant de 37 % en 2010 à 41 % en 2023. Cette évolution reste inégale : l’équitation (85 % de femmes), la gymnastique (78 %) et la danse (90 %) contrastent avec le football (20 %) et le rugby (15 %). Les sports collectifs masculins s’ouvrent néanmoins progressivement.

Le vieillissement démographique français se reflète dans la pratique sportive : les plus de 60 ans représentent désormais 15 % des licenciés (contre 10 % en 2010), notamment dans le golf, la randonnée pédestre, le tennis et la natation. Les fédérations adaptent leur offre avec des créneaux seniors, des formats adaptés (marche nordique, gymnastique douce) et des compétitions vétérans.

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L’essor des nouvelles pratiques

Certaines disciplines émergent hors du radar fédéral classique. Le padel (dérivé du tennis) compte environ 200 000 pratiquants réguliers en France en 2024, malgré l’absence de chiffres officiels. Le CrossFit revendique 100 000 pratiquants dans 400 box affiliées. Le trail running (course en nature) dépasse les 2 millions de pratiquants occasionnels, avec une explosion des événements (1 500 courses organisées en 2023 contre 400 en 2010).

Ces nouvelles pratiques attirent un public jeune urbain (25-45 ans, CSP+), sensible à l’innovation, à la communauté et à l’expérience sportive plutôt qu’à la compétition pure. Elles se structurent souvent via des réseaux privés ou des ligues indépendantes avant d’intégrer éventuellement le giron fédéral.

Pratique sportive selon l’âge et le profil socio-démographique

Les jeunes (6-18 ans) : domination des sports collectifs et scolaires

Les 6-18 ans représentent 35 % des licenciés sportifs, avec une forte présence dans les sports collectifs (football, basket, handball) et les activités éducatives (judo, natation, gymnastique). La pratique encadrée domine à cet âge grâce à l’offre associative locale et à l’impulsion des parents. Le taux de licenciés atteint 50 % chez les 10-14 ans.

L’abandon sportif survient massivement entre 15 et 18 ans : 40 % des jeunes licenciés arrêtent leur pratique en club à l’entrée au lycée, pour des raisons de temps (études, emplois saisonniers) ou de motivation (perte d’intérêt pour la compétition).

Les adultes actifs (25-50 ans) : pratiques individuelles et flexibles

Les adultes actifs privilégient les activités compatibles avec des horaires chargés : course à pied, vélo, fitness, natation. Le taux de licenciés chute à 20 % dans cette tranche d’âge, mais le taux de pratique sportive globale reste élevé (60 %), illustrant la divergence entre pratique encadrée et autonome.

Les sports collectifs en loisir (football à 5, basket 3×3) séduisent les actifs urbains cherchant une pratique conviviale sans engagement compétitif. Les ligues de loisir (Urban Soccer, Five, GoSport Arena) se multiplient dans les grandes villes.

Les seniors (60 ans et plus) : santé et sociabilité

Les plus de 60 ans pratiquants recherchent avant tout le maintien de la santé, la mobilité et le lien social. La marche domine largement (45 % des seniors marchent régulièrement), suivie de la gymnastique d’entretien, de la natation et du vélo. Le golf attire de nombreux retraités pour son rythme lent et sa dimension sociale.

Le taux de pratique sportive chez les seniors atteint 55 %, mais seulement 12 % détiennent une licence. Les municipalités développent des créneaux « sport santé » spécifiques, souvent gratuits, pour favoriser le vieillissement actif.

Disparités territoriales et sociales de la pratique sportive

Villes vs territoires ruraux

Le taux de pratique sportive atteint 70 % dans les grandes métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse) contre 55 % dans les zones rurales. Les villes offrent une densité d’équipements (piscines, salles de sport, stades) et une diversité d’offres (CrossFit, padel, yoga) inaccessibles ailleurs.

En revanche, certains sports s’épanouissent davantage en milieu rural : l’équitation, la chasse, le cyclisme, la randonnée bénéficient d’espaces naturels et d’une culture locale forte. Les petites communes investissent dans les clubs omnisports polyvalents (football, tennis, pétanque) qui structurent la vie sociale locale.

Inégalités socio-économiques

Le niveau de revenu influence fortement la pratique sportive. Chez les foyers modestes (1er décile de revenus), 45 % pratiquent une activité sportive contre 75 % chez les foyers aisés (dernier décile). Les sports coûteux (équitation, ski, golf, tennis) sont quasi absents des catégories populaires.

Les politiques publiques visent à réduire ces écarts via le Pass’Sport (50 € d’aide pour l’inscription en club), les tarifs sociaux des équipements municipaux et le développement du sport scolaire. L’accès reste néanmoins un enjeu majeur : 30 % des Français déclarent que le coût constitue un frein à la pratique sportive régulière.

Le sport français en chiffres : synthèse et perspectives

La France compte 17 millions de licenciés sportifs répartis dans 180 000 clubs affiliés à 115 fédérations agréées. Mais au-delà de ces structures, 40 millions de Français pratiquent au moins une activité physique régulière, illustrant la diversité des usages sportifs contemporains.

Le football reste le sport le plus structuré avec 2,2 millions de licences, mais la marche et la course dominent la pratique réelle avec plus de 25 millions de pratiquants occasionnels ou réguliers. Cette dualité révèle l’évolution des attentes : moins de contraintes compétitives, plus de liberté, de santé et de plaisir.

Les tendances de fond pour 2025-2030 incluent la poursuite de l’individualisation des pratiques, l’essor des activités outdoor (trail, VTT, bikepacking), la digitalisation du suivi sportif, et la demande croissante de formats courts et flexibles (cours de 30 min, réservation à la séance). Les fédérations historiques doivent adapter leur modèle pour capter ces nouveaux pratiquants, sous peine de voir leur base s’éroder au profit de structures privées ou de pratiques informelles.

Le sport français conserve un dynamisme remarquable, porté par une culture associative forte, des équipements publics nombreux et des succès internationaux réguliers. L’enjeu des prochaines années sera de maintenir l’accessibilité pour tous, dans un contexte où les pratiques se diversifient et les inégalités sociales persistent.

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